Droit de la fonction publique
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Le pouvoir disciplinaire du manager public s'appuie sur un cadre juridique précis, de la loi du 13 juillet 1983 au contrôle de proportionnalité du juge administratif. Le rappel à l'ordre constitue un outil préalable informel, tandis que la procédure disciplinaire formelle obéit à des garanties procédurales strictes. La sanction, loin d'être un aveu d'échec, est un acte de management indispensable à la cohésion d'équipe.
Le dialogue social dans la fonction publique repose sur des instances représentatives profondément réformées par la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique, qui a créé les comités sociaux en remplacement des comités techniques et des CHSCT. Les CAP, dont le champ de compétence a été restreint, demeurent essentielles en matière disciplinaire. Le manager doit connaître ces instances et respecter les droits syndicaux des représentants du personnel.
Les risques psychosociaux dans la fonction publique résultent de facteurs multiples liés au management, aux exigences du travail, aux valeurs de l'administration et aux changements organisationnels. L'employeur public est soumis à une obligation de sécurité fondée sur le Code du travail, matérialisée notamment par le document unique d'évaluation des risques. Le manager peut engager sa responsabilité pénale en cas de manquement à ses obligations de prévention.
Les fonctionnaires sont soumis à des obligations statutaires dont le non-respect peut entraîner des sanctions disciplinaires, selon une procédure contradictoire garantissant les droits de la défense. L'échelle des sanctions, répartie en quatre groupes de gravité croissante, est encadrée par des textes législatifs et soumise au contrôle du juge administratif. Le manager joue un rôle central dans le déclenchement et le suivi de la procédure disciplinaire.
L'obligation d'emploi des travailleurs handicapés impose un taux de 6 % aux employeurs publics de 20 agents et plus, avec deux voies de recrutement (concours aménagés et contrat donnant vocation à titularisation). Le manager joue un rôle central dans l'intégration en adaptant le poste, en préparant l'équipe et en s'appuyant sur un réseau d'acteurs spécialisés et les aides du FIPHFP.
Le statut général de la fonction publique repose sur quatre lois fondatrices (1983, 1984, 1986), codifiées dans le Code général de la fonction publique depuis 2022. Les agents sont organisés en corps ou cadres d'emplois, répartis en trois catégories hiérarchiques (A, B, C), et le dialogue social s'exerce au sein d'instances réformées par la loi de 2019 (comités sociaux remplaçant CT et CHSCT).
Le statut général de la fonction publique française, fondé sur le modèle de la carrière et le principe de séparation du grade et de l'emploi, est structuré autour de trois versants partageant un socle commun désormais codifié dans le CGFP. Le dialogue social s'organise autour du comité social (issu de la fusion CT/CHSCT par la loi de 2019) et des CAP aux compétences réduites. Le recrutement repose principalement sur le concours, mais le recours aux contractuels s'est considérablement élargi.
La carrière des fonctionnaires progresse selon trois mécanismes (avancement d'échelon, avancement de grade, promotion interne) et s'exerce dans l'une des quatre positions statutaires depuis la réforme de 2019. La rémunération se compose d'une part obligatoire (traitement indiciaire, NBI, indemnité de résidence, SFT) et d'une part facultative (régime indemnitaire, RIFSEEP). La formation tout au long de la vie s'appuie désormais sur le CPF, et la cessation de fonctions obéit à des règles strictement encadrées.
Les agents contractuels, représentant environ 21 % des effectifs de la fonction publique, bénéficient d'un cadre juridique progressivement renforcé par les lois de 2012 et 2019. Recrutés en CDD de 3 ans maximum renouvelable jusqu'à 6 ans, ils obtiennent un CDI au-delà de cette durée. Les contractuels en CDI disposent d'un quasi-statut incluant le réexamen triennal de la rémunération, la portabilité du CDI et le droit à la formation.
Les risques psychosociaux dans la fonction publique constituent un enjeu majeur de santé au travail, encadré par le Code du travail et le droit européen. Ils recouvrent le stress, le harcèlement, le burn-out et les violences, et sont analysés à travers six familles de facteurs de risque identifiées par le rapport Gollac. L'employeur public est tenu à une obligation de protection dont le manquement engage sa responsabilité.
La prévention des RPS dans la fonction publique repose sur le document unique d'évaluation des risques (obligatoire depuis 2001), un plan de prévention rendu obligatoire par l'accord du 22 octobre 2013, et trois niveaux d'intervention (primaire, secondaire, tertiaire). Le manager, acteur de proximité, est au coeur du dispositif de détection et de prévention.
La fiche de poste est un outil managérial essentiel dans la fonction publique, distinct du grade, qui formalise les missions, activités et compétences d'un emploi. Document évolutif articulé autour de trois axes (présentation générale, missions, compétences), elle sert au recrutement, à la gestion quotidienne et à l'entretien professionnel, tout en offrant une garantie juridique à l'agent.