Les grands styles de l'art occidental du Moyen Âge au XVIIIe siècle
Panorama des grands styles occidentaux du roman au néoclassicisme, en insistant sur les ruptures techniques (croisée d'ogives, perspective) et les contextes politico-religieux qui les portent. Indispensable pour situer toute œuvre des arts décoratifs dans son cadre historique.
Source : Histoire de l'art et des styles — Concours Technicien d'art — Claude Opus
L'art roman (XIe et première moitié du XIIe siècle)
L'art roman s'épanouit en Europe occidentale autour de l'an mil, porté par la réforme monastique (Cluny) et le développement des pèlerinages. Il se reconnaît à ses voûtes en berceau plein cintre, ses murs épais, ses fenêtres étroites et la sobriété massive de ses volumes. La sculpture, longtemps subordonnée à l'architecture, investit les tympans (Vézelay, Conques, Autun, Moissac) avec une iconographie didactique inspirée de l'Apocalypse. Les chapiteaux historiés, les fresques (Saint-Savin-sur-Gartempe) et les ivoires témoignent d'un art profondément religieux, symbolique, hiératique.
L'art gothique (vers 1140 jusqu'au XVe siècle)
Le gothique naît en Île-de-France vers 1140 avec le chœur de l'abbatiale de Saint-Denis, voulu par l'abbé Suger. Trois innovations techniques fondent ce style : la croisée d'ogives, l'arc brisé et l'arc-boutant. Elles permettent d'élever des édifices toujours plus hauts, percés de larges baies garnies de vitraux (Chartres, la Sainte-Chapelle). On distingue traditionnellement le gothique primitif, le gothique classique (Reims, Amiens), le gothique rayonnant et enfin le gothique flamboyant (XVe siècle), aux remplages en flammes. La sculpture s'humanise progressivement, comme en témoignent les statues-colonnes du portail royal de Chartres.
La Renaissance (XVe et XVIe siècles)
La Renaissance, née à Florence au Quattrocento avec Brunelleschi, Donatello et Masaccio, redécouvre l'Antiquité gréco-romaine, théorise la perspective et place l'homme au centre de la création. Le Cinquecento voit l'apogée romaine avec Léonard de Vinci, Raphaël et Michel-Ange. En France, la Renaissance s'impose sous François Ier, qui invite Léonard à Amboise et lance les chantiers des châteaux de la Loire (Blois, Chambord, Fontainebleau). L'école de Fontainebleau, animée par Rosso Fiorentino et le Primatice, diffuse un maniérisme raffiné, allongé, allégorique.
Le baroque et le classicisme (XVIIe siècle)
Le baroque, né à Rome dans le sillage de la Contre-Réforme, exalte le mouvement, le pathos et l'illusion (Le Bernin, Borromini, Caravage, Rubens). En France, sous Louis XIV, ce souffle est canalisé par un classicisme rigoureux, ordonné, symétrique, dont Versailles offre la traduction monumentale. Poussin et Le Brun en sont les maîtres pictural et théoricien, ce dernier dirigeant l'Académie royale et la Manufacture des Gobelins.
Rocaille et néoclassicisme (XVIIIe siècle)
Sous la Régence puis Louis XV s'épanouit le style rocaille (souvent confondu avec le rococo), caractérisé par l'asymétrie, la courbe, les motifs de coquillages, de palmes et de rocailles. Watteau, Boucher et Fragonard en peinture, Meissonnier en orfèvrerie, en illustrent la grâce mondaine. Vers 1760, sous l'influence des fouilles de Pompéi et Herculanum et des écrits de Winckelmann, le néoclassicisme réagit par un retour à la ligne droite, à l'austérité antique et à la moralité civique. David en est en France le grand peintre.
À retenir
- L'art roman (XIe-XIIe) repose sur la voûte en berceau et la massivité ; le gothique (à partir de 1140) sur la croisée d'ogives, l'arc brisé et l'arc-boutant.
- La Renaissance redécouvre l'Antiquité, la perspective et l'humanisme ; François Ier l'introduit en France via Fontainebleau et les châteaux de la Loire.
- Le baroque romain (mouvement, pathos) coexiste avec le classicisme français de Versailles, plus mesuré et ordonné.
- Le rocaille Louis XV (asymétrie, coquilles) précède le néoclassicisme Louis XVI, qui revient aux modèles antiques après les découvertes de Pompéi.
- Charles Le Brun est la figure clé du classicisme français : Premier peintre du roi, directeur de l'Académie royale et des Gobelins.