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Le mobilier français et les styles royaux du Grand Siècle au Second Empire

Du Louis XIII austère au Second Empire éclectique, le mobilier français traverse cinq grandes étapes stylistiques liées aux règnes. La distinction entre menuisier (bois massif) et ébéniste (placage) structure tout le métier, tandis que des figures comme Boulle, Cressent, Riesener et Jacob incarnent l'excellence de chaque période.

Source : Histoire de l'art et des styles — Concours Technicien d'art — Claude Opus

Louis XIII (1610-1643) : la transition

Le mobilier Louis XIII prolonge l'esthétique de la Renaissance tardive en l'alourdissant. Il se caractérise par des bois sombres (noyer, chêne, ébène), des pieds tournés en chapelet, en balustre ou en spirale, des panneaux à pointes de diamant et un usage encore mesuré du placage. L'introduction de l'ébène par les premiers menuisiers en ébène, qui donneront leur nom aux ébénistes, marque une révolution technique : la fine feuille de bois précieux, plaquée sur un bâti d'essence commune, ouvre la voie à toutes les marqueteries postérieures.

Louis XIV (1643-1715) : la majesté classique

Sous Louis XIV, le mobilier s'impose comme un instrument de pouvoir. Encadré par la création de la Manufacture royale des Meubles de la Couronne aux Gobelins en 1667, il devient pompeux, monumental, symétrique. André Charles Boulle (1642-1732), ébéniste du roi logé au Louvre, donne son nom à une marqueterie d'écaille de tortue et de laiton (technique en partie et contrepartie) qui restera l'une des plus prestigieuses jamais pratiquées. Les bronzes dorés, les pieds en gaine ou en console, les motifs d'inspiration antique (lauriers, masques, allégories) dominent. C'est l'âge des grandes commodes, cabinets et bureaux Mazarin.

Régence et Louis XV (1715-1774) : la rocaille

La Régence (1715-1723) amorce l'assouplissement des formes, qui culmine sous Louis XV avec le style rocaille. Les lignes deviennent courbes et contrecourbes, l'asymétrie est cultivée, les pieds galbés en cabriole, les motifs de coquilles (rocailles), de fleurs et de chinoiseries envahissent le décor. Les bois indigènes (noyer, hêtre, merisier) et les bois exotiques (amarante, bois de violette, palissandre) sont travaillés en marqueteries de fleurs raffinées. Les types de meubles se diversifient pour répondre aux nouveaux usages mondains : bergère, marquise, duchesse brisée, bureau plat, secrétaire en pente, commode galbée. Les grands ébénistes sont Charles Cressent, Bernard II van Risenburgh (BVRB), Jean-François Oeben (qui forma Riesener).

Louis XVI (1774-1792) : le néoclassicisme

Dès les années 1760, avant même l'avènement de Louis XVI, le mobilier se redresse : retour à la ligne droite, aux pieds fuselés à cannelures, aux motifs antiques (rais-de-cœur, perles, frises, urnes, guirlandes de laurier). Jean-Henri Riesener (ébéniste de Marie-Antoinette), Georges Jacob (menuisier en sièges), David Roentgen et Adam Weisweiler sont les figures majeures. Les marqueteries deviennent des tableaux miniatures à motifs antiquisants. Les bronzes ciselés par Pierre Gouthière atteignent un sommet de raffinement.

Empire (1804-1815) et styles post-napoléoniens

Le style Empire consacré par Percier et Fontaine est dominé par l'acajou massif, les volumes architecturaux (colonnes engagées, frontons, sphinges, palmettes), les bronzes dorés rapportés. Les ébénistes Jacob-Desmalter travaillent pour Napoléon. La Restauration (1814-1830) maintient ces formes en y substituant des bois clairs (érable, citronnier, frêne) avec marqueteries d'amarante. Le Second Empire (1852-1870) revient à un éclectisme néo-Louis XV et néo-Louis XVI, parfois rehaussé d'innovations comme les meubles en papier mâché ou les piétements en fonte.

À retenir

  • Le terme ébéniste vient de l'introduction de l'ébène au XVIIe siècle pour les techniques de placage.
  • André Charles Boulle (Louis XIV) est l'inventeur de la marqueterie d'écaille et de laiton dite « marqueterie Boulle ».
  • Le rocaille (Louis XV) cultive la courbe, l'asymétrie, le pied galbé en cabriole et les marqueteries de fleurs.
  • Le style Louis XVI revient à la ligne droite et aux motifs antiques ; Riesener en est l'ébéniste emblématique.
  • Le style Empire privilégie l'acajou massif, les bronzes dorés et un répertoire impérial romain et égyptisant.
  • La distinction technique fondamentale est celle du menuisier en meubles (assemblage de bois massif, sièges) et de l'ébéniste (placage et marqueterie sur bâti).
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Références

  • André Charles Boulle, ébéniste de Louis XIV, logé au Louvre
  • Charles Cressent, ébéniste de la Régence et de Louis XV
  • Jean-Henri Riesener, ébéniste de Marie-Antoinette
  • Georges Jacob, menuisier en sièges, Louis XVI à Empire
  • Jacob-Desmalter, ébéniste de Napoléon Ier

Flashcards (6)

3/5 D'où vient le mot ébéniste ?
De l'ébène, bois précieux introduit au XVIIe siècle pour les premiers placages, qui a donné son nom aux artisans spécialisés dans cette technique.

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QCM

Le pied galbé en cabriole est caractéristique du style :

André Charles Boulle est l'ébéniste emblématique du règne de :

Sous quel style le mobilier privilégie-t-il l'acajou massif et les bronzes dorés à motifs égyptisants et romains ?

Qui parmi ces artisans était menuisier en sièges et non ébéniste ?

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