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Le terrorisme antisémite et les attentats "importés" sur le sol français

La France a été le théâtre de nombreux attentats antisémites et d'actions terroristes liées à des conflits étrangers. L'attentat du vol UTA 772 en 1989 (170 morts), la vague d'attentats du GIA en 1995 et les actions de l'ASALA arménienne illustrent la vulnérabilité du territoire français aux terrorismes importés, tandis que la persistance des attentats antisémites, de l'extrême droite à l'islamisme, constitue une constante dramatique.

La persistance du terrorisme antisémite

La France est confrontée depuis des décennies à un terrorisme visant spécifiquement la communauté juive, phénomène alimenté par trois sources distinctes : l'extrême droite, les mouvements pro-palestiniens et l'islamisme radical. Cette violence constitue une atteinte majeure au principe de non-discrimination garanti par l'article 1er de la Constitution et par les conventions internationales de protection des droits de l'homme.

Parmi les attentats les plus meurtriers, l'attentat de la rue Copernic à Paris, le 3 octobre 1980, fait 4 morts et 46 blessés devant une synagogue. Le 9 août 1982, le mitraillage du restaurant Goldenberg rue des Rosiers à Paris cause 6 morts et 22 blessés. Le 29 mars 1985, un attentat à la bombe détruit une salle de cinéma lors d'un festival du film juif, faisant 18 blessés. Le 7 septembre 1995, une voiture piégée explose à 15 mètres d'une école juive à Villeurbanne, ne causant "que" 14 blessés alors que 700 enfants devaient sortir dix minutes plus tard.

En 2012, à l'école Ozar Hatorah de Toulouse, le terroriste Mohammed Merah assassine un enseignant et trois enfants. En janvier 2015, lors de la prise d'otages de l'Hyper Cacher porte de Vincennes, 4 personnes sont tuées par un terroriste islamiste.

La France comme champ d'action du terrorisme international

La position géopolitique de la France, son rôle au Moyen-Orient et sa tradition d'accueil de diasporas politiques en font un terrain d'action privilégié pour le terrorisme international. De 1975 à 1984, la seule organisation arménienne ASALA (Armée Secrète Arménienne de Libération de l'Arménie) commet plus de 50 actes terroristes sur le sol français.

Les années 1980 sont marquées par une vague d'attentats liés aux conflits du Moyen-Orient. Parmi les plus significatifs : l'attentat à la grenade au drugstore de Saint-Germain-des-Prés en 1974, revendiqué par Carlos à la tête d'un commando palestinien (2 morts, 34 blessés) ; les attentats attribués à Carlos à la gare Saint-Charles de Marseille et dans le TGV Marseille-Paris (4 morts, 45 blessés) ; la bombe au magasin Tati rue de Rennes à Paris (7 morts, 55 blessés) ; l'attentat à la préfecture de Paris (1 mort, 52 blessés). L'assassinat de Georges Besse, PDG de Renault, en 1986, bien que revendiqué par Action directe, s'inscrit également dans un contexte d'imbrication entre terrorisme intérieur et international.

Le terrorisme d'État et l'attentat du vol UTA 772

Le terrorisme d'État constitue une dimension souvent méconnue de cette menace. L'attentat le plus meurtrier est celui du vol 772 UTA au-dessus du Ténéré (Niger) le 19 septembre 1989, qui fait 170 morts dont 54 Français. Attribué à la Libye, cet attentat illustre l'instrumentalisation du terrorisme comme outil de politique étrangère par certains États. La Libye n'a pas formellement admis sa responsabilité mais a accepté en 2004 de verser 170 millions de dollars aux familles des victimes.

L'attentat de Karachi du 8 mai 2002, qui cause la mort de 11 employés de la Direction des Constructions Navales (DCN), soulève quant à lui des interrogations sur les liens entre contrats d'armement, commissions occultes et représailles terroristes.

La guerre civile algérienne et ses répercussions en France

Dans les années 1990, l'insurrection du GIA (Groupe Islamique Armé) en Algérie s'exporte en France avec une violence meurtrière. Le détournement d'un Airbus d'Air France sur l'aéroport d'Alger le 24 décembre 1994, au cours duquel 3 personnes trouvent la mort, constitue le prélude à la vague d'attentats de 1995.

Entre juillet et octobre 1995, la France est frappée par huit attentats du GIA. Le 25 juillet 1995, une bombe explose dans le RER B à la station Saint-Michel, faisant 8 morts et 117 blessés. Le 3 décembre 1996, à la gare de Port-Royal, une bombonne de gaz piégée dans une rame du RER B tue 4 personnes et blesse 91 autres. Ces attentats sont liés au réseau de Khaled Kelkal, abattu par les gendarmes le 29 septembre 1995.

Ces événements ont conduit au renforcement du dispositif antiterroriste français, notamment par la mise en place du plan Vigipirate dans sa forme renforcée et par l'extension des pouvoirs des services de renseignement.

À retenir

  • L'attentat de la rue Copernic (3 octobre 1980, 4 morts) et celui de la rue des Rosiers (9 août 1982, 6 morts) sont les attentats antisémites les plus meurtriers avant 2012
  • L'ASALA arménienne a commis plus de 50 actes terroristes en France entre 1975 et 1984
  • L'attentat du vol UTA 772 (19 septembre 1989, 170 morts) est le plus meurtrier attribué à un terrorisme d'État
  • La vague d'attentats du GIA en 1995 (8 attentats, dont celui du RER B Saint-Michel le 25 juillet) a profondément marqué la société française
  • La France est vulnérable à l'importation de conflits étrangers en raison de sa position géopolitique et de la diversité de sa population
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Références

  • Plan Vigipirate (créé en 1978, renforcé en 1995)
  • Loi n° 86-1020 du 9 septembre 1986 relative à la lutte contre le terrorisme
  • Art. 1er de la Constitution de 1958 (principe de non-discrimination)

Flashcards (6)

3/5 Qu'est-ce que l'ASALA et quelle a été l'ampleur de son action en France ?
L'Armée Secrète Arménienne de Libération de l'Arménie, responsable de plus de 50 actes terroristes en France entre 1975 et 1984.

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QCM

Combien d'attentats le GIA a-t-il commis en France entre juillet et octobre 1995 ?

Quel montant la Libye a-t-elle accepté de verser aux familles des victimes du vol UTA 772 ?

Quel terroriste a revendiqué l'attentat à la grenade au drugstore de Saint-Germain-des-Prés en 1974 ?

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