AdmisConcours

Les annexes budgétaires : blancs, bleus, jaunes, oranges

Le PLF est accompagné de quatre catégories d'annexes budgétaires identifiées par couleur : les blancs (documents de cadrage incluant le rapport économique, social et financier), les bleus (annexes obligatoires détaillant les crédits par mission, modifiables et à valeur législative, incluant les PAP), les jaunes (annexes informatives pour le contrôle parlementaire, non modifiables) et les oranges (DPT présentant les politiques transversales). Les dépenses fiscales, mesures dérogatoires à la norme fiscale estimées à 78,7 Md€ en 2024, sont analysées dans le fascicule « Voies et moyens ».

Les documents de cadrage : les « blancs »

Les blancs budgétaires sont des documents de cadrage imprimés sous couverture blanche, à finalité informative ou prescriptive. Ils servent à contextualiser le PLF.

Le principal est le rapport économique, social et financier (approche rétrospective et prospective), qui existe depuis 1959.

La LOLF a introduit de nouveaux rapports blancs : - Présentation du budget distinguant fonctionnement et investissement (art. 51-3° LOLF) - Rapport sur l'évolution de la présentation budgétaire depuis l'année précédente (même article)

Le gouvernement produit aussi les fascicules « Évaluation des voies et moyens » : - Tome 1 : présentation des recettes - Tome 2 : analyse des dépenses fiscales

Les dépenses fiscales

Les dépenses fiscales sont des mesures dérogatoires par rapport à la norme fiscale, motivées par le souhait de : - Soutenir un secteur économique - Inciter à certains comportements vertueux

Toute mesure se traduisant par une recette moindre n'est pas nécessairement une dépense fiscale : il faut une volonté de déroger à la norme fiscale à des fins de soutien ou d'incitation.

Exemples : - ✅ Dépense fiscale : réduction d'impôt pour don à une association (situation dérogatoire du donateur par rapport au non-donateur) - ✅ Dépense fiscale : TVA réduite à 10 % pour la restauration (soutien sectoriel) - ❌ Pas une dépense fiscale : TVA à 5,5 % sur l'alimentation et l'eau (maintien de l'accessibilité aux produits de base)

Coût estimé : 78,7 Md€ pour 2024.

Les « bleus » budgétaires

Les bleus sont des annexes budgétaires obligatoires dont le nombre est fixé par la LOLF. Ils ne concernent que les dépenses et détaillent les crédits pour : - Chaque mission du budget général - Les budgets annexes - Les comptes spéciaux du Trésor

Caractéristiques : - Modifiables par les parlementaires (pouvoir d'amendement) - Acquièrent valeur législative une fois le PLF adopté - Doivent être déposés au plus tard le premier mardi d'octobre

Les projets annuels de performances (PAP)

Grande innovation de la LOLF : introduction de la performance dans la démarche budgétaire.

  • Les PAP revêtent formellement la forme de bleus budgétaires
  • Mais ils ne sont ni modifiables ni juridiquement obligatoires
  • Contenu précisé par l'article 51-5° LOLF : crédits budgétaires du programme + dépenses fiscales consenties
  • Donnent une vision globale des charges (budgétaires ou non) d'une politique publique

Les « jaunes »

Les jaunes sont des annexes générales régies par l'article 51-7° LOLF : - Prévues par les lois et règlements (nombre variable) - Destinées à l'information et au contrôle du Parlement - 26 jaunes avec le PLF 2024 - Non modifiables par les parlementaires - N'acquièrent pas valeur législative - Transmission obligatoire, mais peut être plus tardive que le premier mardi d'octobre - Doivent être déposés avant le début de la discussion des domaines concernés

Exemples : relations financières avec l'UE, pensions de retraite de la fonction publique, opérateurs de l'État.

Les « oranges » (documents de politique transversale — DPT)

Créés par l'article 128 de la loi de finances pour 2005, les DPT sont des extensions des jaunes.

Chaque DPT : - Récapitule les programmes budgétaires contribuant à une politique transversale - Fournit une présentation stratégique avec objectifs principaux - Montre comment chaque programme participe à la politique transversale - 13 oranges avec le PLF 2024

Exemples : « Aménagement du territoire », « Sécurité routière », « Politique de l'égalité entre les femmes et les hommes », « Lutte contre l'évasion et la fraude fiscales ».

Caractéristiques : non modifiables, pas de force contraignante (participent de la nature des jaunes).

Partager

Références

  • Art. 51-3° LOLF
  • Art. 51-5° LOLF
  • Art. 51-7° LOLF
  • Art. 128 de la loi de finances pour 2005
  • Art. 42 LOLF

Flashcards (8)

3/5 Pourquoi la TVA à 5,5 % sur l'alimentation n'est-elle pas une dépense fiscale, alors que la TVA à 10 % sur la restauration en est une ?
La TVA réduite sur l'alimentation vise à maintenir l'accessibilité aux produits de base (pas de volonté de déroger à des fins de soutien), tandis que la TVA réduite sur la restauration vise à soutenir un secteur économique spécifique (mesure dérogatoire intentionnelle).

7 flashcard(s) supplémentaire(s)

Créer un compte gratuit

QCM

Combien de jaunes budgétaires accompagnaient le PLF 2024 ?

Par quel texte les documents de politique transversale (DPT/oranges) ont-ils été créés ?

Parmi les exemples suivants, lequel ne constitue PAS une dépense fiscale ?

Quel est le rôle principal des projets annuels de performances (PAP) ?

Quelle catégorie d'annexes budgétaires acquiert valeur législative une fois le PLF adopté ?

Testez vos connaissances

Évaluez votre maîtrise de Finances publiques avec nos QCM interactifs.

Faire le QCM Finances publiques

Fiches connexes

Le dialogue de gestion et la chaîne de responsabilité budgétaire

Le dialogue de gestion est le processus par lequel les objectifs stratégiques votés par le Parlement sont déclinés en objectifs opérationnels et en dépenses concrètes. Il s'organise en cascade : le responsable de programme (Rprog) répartit les crédits en BOP confiés à des Rbop, qui les déclinent eux-mêmes en UOP confiées à des Ruo, chaque niveau respectant la fongibilité asymétrique.

La fongibilité asymétrique des crédits dans le cadre de la LOLF

La LOLF instaure une globalisation des crédits au sein des programmes, unités de spécialisation budgétaire. Les crédits y sont fongibles de manière asymétrique : les gestionnaires peuvent redéployer des crédits de personnel vers d'autres titres, mais jamais l'inverse, afin de maîtriser la masse salariale de l'État.

La régulation budgétaire : mécanismes de modification des crédits par l'exécutif

La régulation budgétaire permet à l'exécutif de modifier l'autorisation parlementaire en matière de crédits, sous conditions strictes encadrées par la LOLF. Trois leviers existent : la modification de l'affectation (virements et transferts, art. 12), du montant (décrets d'avance, art. 13) et de la répartition dans le temps (annulations art. 14 et reports art. 15). Ce mécanisme constitue une inversion remarquable de la hiérarchie des normes, le règlement modifiant l'autorisation législative dans les limites fixées par la loi organique.

Partager :

Cette fiche vous a été utile ?

Créez un compte gratuit pour accéder aux QCM complets, suivre votre progression et recevoir les notes de préparation.