AdmisConcours

Le principe de l'annualité budgétaire

Le principe de l'annualité budgétaire impose que l'autorisation budgétaire soit accordée pour une année seulement, garantissant la périodicité du consentement parlementaire. Ce principe connaît des aménagements infra-annuels (LFR, budgets supplémentaires) et pluriannuels (LPFP, distinction AE/CP), sans que ces derniers ne remettent en cause le cadre annuel de l'autorisation financière.

Le principe de l'annualité budgétaire

Définition et fondement

L'autorisation budgétaire est accordée pour une année, et une année seulement. Au-delà, il n'est plus possible de poursuivre le recouvrement des impôts ni la consommation des crédits restant disponibles : l'autorisation doit être renouvelée.

Ce principe exprime la nécessaire périodicité du consentement parlementaire, sans laquelle l'exécutif s'affranchirait du contrôle politique du Parlement.

La périodicité annuelle s'est imposée historiquement (fin XVIIIe – début XIXe siècle) en raison de la dépendance des économies aux rythmes agricoles. En France, l'année civile sert de cadre chronologique aux autorisations budgétaires.

L'antériorité budgétaire et les douzièmes provisoires

Si le budget n'est pas adopté au début de l'exercice (principe d'antériorité budgétaire), on recourt aux douzièmes provisoires : reconduction mois après mois de l'autorisation précédente pour éviter toute interruption de l'action publique.

Dates limites d'adoption :

Entité Date limite Forme
État 31 décembre N-1 Loi de finances initiale (LFI)
Collectivités territoriales 15 avril de l'année N Budget primitif
Collectivités (années de renouvellement) 30 avril de l'année N Budget primitif

Le report au 15 avril (voire 30 avril) pour les collectivités constitue une entorse à l'antériorité budgétaire.

Les aménagements infra-annuels

Il est possible de modifier l'autorisation budgétaire en cours d'exercice par :

  • Loi de finances rectificative (LFR) pour l'État (aussi appelée « collectif budgétaire »)
  • Budget supplémentaire pour les collectivités territoriales
  • Outils de régulation budgétaire du gouvernement permettant d'adapter l'autorisation parlementaire en cours d'exercice

Les aménagements pluriannuels

Les lois de programmation des finances publiques (LPFP)

  • Créées par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008
  • Approfondies par la ratification du TSCG (22 octobre 2012) et la loi organique n° 2012-1403 du 17 décembre 2012 (LOPGFP)
  • La LOPGFP a été abrogée par la loi organique n° 2021-1836 du 28 décembre 2021 relative à la modernisation de la gestion des finances publiques
  • Dispositions désormais intégrées à la LOLF (loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001), articles 1A à 1K

Caractéristiques des LPFP : - Couvrent une période d'au moins trois ans - Tracent les orientations générales des finances publiques à moyen terme - Définissent la trajectoire des soldes effectif et structurel attendus - Portent sur l'ensemble des administrations publiques (APU) : État, ODAC, APUL, ASSO - Ne remettent pas en cause l'annualité car ce sont des lois ordinaires sans effet d'autorisation financière

La distinction AE / CP (article 8 de la LOLF)

Concept Définition Portée
Autorisations d'engagement (AE) Montant maximal des dépenses qu'il est possible d'engager annuellement Peuvent s'étaler sur plusieurs années
Crédits de paiement (CP) Limite supérieure qu'il est possible de payer pendant l'année Strictement annuels

Le montant des AE a vocation à être supérieur au montant des CP. Exception : en matière de rémunération des personnels, la LOLF impose AE = CP.

La pluriannualité pour les collectivités territoriales

Articles du CGCT : - L. 2311-3 (communes) - L. 3312-4 (départements) - L. 4312-4 (régions)

Les collectivités ouvrent a minima des CP dans leurs budgets. Elles peuvent recourir à : - Des autorisations de programme (AP) pour les dépenses d'investissement - Des autorisations d'engagement (AE) pour certaines dépenses éligibles de fonctionnement

Partager

Références

  • Révision constitutionnelle du 23 juillet 2008
  • TSCG – Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (ratifié le 22 octobre 2012)
  • Loi organique n° 2012-1403 du 17 décembre 2012 (LOPGFP)
  • Loi organique n° 2021-1836 du 28 décembre 2021
  • Loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 (LOLF), art. 8 et art. 1A à 1K
  • Art. L. 2311-3 CGCT
  • Art. L. 3312-4 CGCT
  • Art. L. 4312-4 CGCT

Flashcards (8)

3/5 Pourquoi les lois de programmation des finances publiques (LPFP) ne remettent-elles pas en cause le principe de l'annualité budgétaire ?
Parce que les LPFP sont des lois ordinaires qui tracent la trajectoire financière globale des administrations publiques sans emporter aucun effet d'autorisation financière. Elles n'autorisent ni la perception de recettes ni l'engagement de dépenses.

7 flashcard(s) supplémentaire(s)

Créer un compte gratuit

QCM

Les collectivités territoriales souhaitant introduire de la gestion pluriannuelle peuvent recourir à :

Les lois de programmation des finances publiques (LPFP) :

Quel texte a intégré les dispositions relatives aux LPFP directement dans la LOLF aux articles 1A à 1K ?

Quelle est la date limite d'adoption du budget primitif pour les collectivités territoriales en année normale ?

Selon la LOLF, dans quel cas les autorisations d'engagement (AE) doivent-elles être égales aux crédits de paiement (CP) ?

Testez vos connaissances

Évaluez votre maîtrise de Finances publiques avec nos QCM interactifs.

Faire le QCM Finances publiques

Fiches connexes

Le dialogue de gestion et la chaîne de responsabilité budgétaire

Le dialogue de gestion est le processus par lequel les objectifs stratégiques votés par le Parlement sont déclinés en objectifs opérationnels et en dépenses concrètes. Il s'organise en cascade : le responsable de programme (Rprog) répartit les crédits en BOP confiés à des Rbop, qui les déclinent eux-mêmes en UOP confiées à des Ruo, chaque niveau respectant la fongibilité asymétrique.

La fongibilité asymétrique des crédits dans le cadre de la LOLF

La LOLF instaure une globalisation des crédits au sein des programmes, unités de spécialisation budgétaire. Les crédits y sont fongibles de manière asymétrique : les gestionnaires peuvent redéployer des crédits de personnel vers d'autres titres, mais jamais l'inverse, afin de maîtriser la masse salariale de l'État.

La régulation budgétaire : mécanismes de modification des crédits par l'exécutif

La régulation budgétaire permet à l'exécutif de modifier l'autorisation parlementaire en matière de crédits, sous conditions strictes encadrées par la LOLF. Trois leviers existent : la modification de l'affectation (virements et transferts, art. 12), du montant (décrets d'avance, art. 13) et de la répartition dans le temps (annulations art. 14 et reports art. 15). Ce mécanisme constitue une inversion remarquable de la hiérarchie des normes, le règlement modifiant l'autorisation législative dans les limites fixées par la loi organique.

Partager :

Cette fiche vous a été utile ?

Créez un compte gratuit pour accéder aux QCM complets, suivre votre progression et recevoir les notes de préparation.