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De la logique de moyens à la logique de résultats : la révolution budgétaire de la LOLF

La LOLF du 1er août 2001 a remplacé la logique de moyens de l'ordonnance de 1959 par une logique de résultats fondée sur la budgétisation par programmes. Les crédits sont désormais spécialisés par programmes (unités monoministérielles), regroupés en missions (potentiellement interministérielles), avec un pilotage par la performance via les PAP et les RAP. Le dialogue de gestion s'organise en trois niveaux (programme, BOP, UO) avec une fongibilité asymétrique qui permet le redéploiement des crédits sauf pour augmenter les dépenses de personnel.

La nomenclature budgétaire avant la LOLF

L'ordonnance du 2 janvier 1959

L'ordonnance n°59-2 du 2 janvier 1959 portant loi organique relative aux lois de finances reposait sur une logique de moyens :

  • Budgets ventilés par ministères, puis par titres, parties, sections, chapitres, articles et paragraphes
  • Ces strates exprimaient différentes natures de moyens d'intervention, sans aucun ciblage de la finalité poursuivie
  • Approche administrative et technocratique de la gestion publique
  • Impossibilité de savoir à quels besoins collectifs servaient les masses financières mobilisées
  • Aucune lisibilité sur la qualité des résultats obtenus

La LOLF du 1er août 2001 : la budgétisation par programmes

Une nouvelle nomenclature orientée résultats

La LOLF abroge l'ordonnance de 1959 et met en place une logique de résultats fondée sur la budgétisation par programmes.

  • Les crédits sont spécialisés au niveau des programmes, définis comme des ensembles cohérents de politiques publiques
  • Exemples de programmes : enseignement public des premier et second degrés, vie de l'élève, transmission des savoirs et démocratisation de la culture, sécurité et qualité sanitaires de l'alimentation, handicap et dépendance, égalité entre les hommes et les femmes
  • Les crédits sont votés et autorisés selon les politiques publiques qu'ils servent, et non en fonction des structures administratives

L'architecture missions / programmes

Niveau Caractéristique
Mission Regroupe des programmes, possiblement interministérielle
Programme Rattaché à un ministère, unité monoministérielle

Le pilotage par la performance

Chaque programme est accompagné :

  • D'objectifs et d'indicateurs permettant de l'évaluer
  • De projets annuels de performances (PAP) annexés au PLF
  • De rapports annuels de performance (RAP) annexés à la loi de règlement, établis en fin d'exercice

Principe clé : accorder plus d'autonomie aux gestionnaires avec une responsabilisation accrue.

Le dialogue de gestion et la chaîne de responsabilité

Niveau Responsable Instrument
Programme Responsable de programme (Rprog) Programme
BOP Responsable de BOP (Rbop) Budget opérationnel de programme
UO Responsable d'UO (Ruo) Unité opérationnelle

Le Rprog décline ses objectifs en sous-objectifs dans le cadre de budgets opérationnels de programme (BOP), eux-mêmes répartis en unités opérationnelles (UO).

La fongibilité asymétrique

La fongibilité désigne la propriété juridique de deux choses à être interchangeables.

  • Les crédits peuvent être redéployés au sein du programme nonobstant leur spécialisation d'origine
  • Exception : les crédits de personnel ne peuvent jamais être augmentés par redéploiement d'autres crédits
  • Les crédits de personnel peuvent en revanche être redéployés à d'autres usages

Asymétrie : on peut transformer des crédits de personnel en crédits de fonctionnement, mais jamais l'inverse.

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Références

  • Ordonnance n°59-2 du 2 janvier 1959 portant loi organique relative aux lois de finances
  • LOLF du 1er août 2001
  • Art. 27 LOLF

Flashcards (6)

2/5 Qu'est-ce qu'un programme au sens de la LOLF ?
Un ensemble cohérent de politiques publiques, rattaché à un seul ministère (unité monoministérielle), au niveau duquel les crédits sont spécialisés.

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QCM

Que signifie concrètement la fongibilité asymétrique des crédits ?

Quel est le statut d'une mission budgétaire dans l'architecture LOLF ?

Quelle est la caractéristique principale de la nomenclature budgétaire introduite par la LOLF du 1er août 2001 ?

À quel document les projets annuels de performances (PAP) sont-ils annexés ?

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