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Synthèse et actualité du lundi 23 mars 2026

Élections municipales 2026 : recomposition politique au second tour

Le second tour des élections municipales s'est tenu le dimanche 22 mars 2026, livrant plusieurs enseignements majeurs pour le paysage politique français.

Le premier ministre Sébastien Lecornu élu premier adjoint à Vernon. Réélu dès le premier tour sur la liste de François Ouzilleau (divers droite, 59,54 % des suffrages), Sébastien Lecornu est devenu premier adjoint chargé de l'Attractivité. Il a annoncé renoncer à ses indemnités. Sur onze ministres candidats, neuf ont figuré sur des listes victorieuses. Deux ont échoué : Marina Ferrari (Sports) à Aix-les-Bains et Benjamin Haddad (Europe) à Paris.

La gauche conserve les grandes villes mais perd des bastions historiques. Le Parti socialiste tire un bilan contrasté de ces municipales. À Paris, Emmanuel Grégoire l'emporte avec 50,52 % des suffrages, devançant Rachida Dati (41,52 %) malgré la présence au second tour de l'Insoumise Sophia Chikirou (7,96 %). Les maires socialistes sortants sont réélus à Marseille, Lille, Rennes, Montpellier, Le Mans et Rouen — sans alliance avec LFI. En revanche, la gauche perd Clermont-Ferrand, bastion socialiste depuis 1919, au profit des Républicains, et échoue à conquérir Toulouse. Le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a résumé : « La France insoumise fait perdre. » Dans l'écrasante majorité des villes où la gauche s'est alliée avec LFI, la droite l'a emporté.

Pau tourne la page Bayrou. Le socialiste Jérôme Marbot a battu François Bayrou de 344 voix (42,45 % contre environ 41,14 %), mettant fin à deux mandats de l'ancien premier ministre. Le RN fait son entrée au conseil municipal avec la candidate Margaux Taillefer, qualifiée au second tour avec 16,25 % au premier tour.

Grenoble reste à gauche. Laurence Ruffin (écologiste, liste d'union de gauche avec fusion LFI dans l'entre-deux-tours) est élue maire avec 56,59 % des voix face à Alain Carignon (LR, 43,41 %), qui avait créé la surprise en arrivant en tête au premier tour. La participation a dépassé 60 %.

Tourcoing : réélection de Doriane Bécue. La maire sortante (divers droite) l'emporte dans une triangulaire avec 55,43 % des voix face aux Insoumis et au RN. Gérald Darmanin reste conseiller municipal.

Enjeux pour le concours

Droit électoral : le scrutin municipal (scrutin de liste à deux tours dans les communes de plus de 1 000 habitants, fusions de listes entre les deux tours, seuil de qualification au second tour) est un classique des épreuves. L'exemple de Grenoble illustre les fusions entre listes au second tour.

Droit constitutionnel : la question du cumul des mandats et fonctions se pose avec un premier ministre devenant premier adjoint, ainsi que la compatibilité entre fonctions ministérielles et mandats locaux.

Lecture politique : l'échec des alliances gauche-LFI dans de nombreuses villes constitue un enseignement stratégique majeur en vue de la présidentielle 2027. La perte de Clermont-Ferrand, bastion socialiste depuis plus d'un siècle, est un symbole fort de cette recomposition.

Institutions administratives : le rôle du ministère de l'Intérieur dans la validation des résultats électoraux et l'organisation des scrutins municipaux.

Guerre au Moyen-Orient : escalade militaire et crise énergétique mondiale

Depuis le 28 février 2026, une guerre oppose les États-Unis et Israël à l'Iran, avec des conséquences majeures sur l'ensemble du Moyen-Orient et l'économie mondiale.

Escalade militaire. L'Iran a tiré de nouveaux missiles vers Israël, les systèmes de défense israéliens étant en action pour les intercepter. L'armée israélienne a déclaré s'attendre à « plusieurs semaines de combats » et a frappé de nouveau Téhéran. La région de Ryad en Arabie saoudite a été visée par deux missiles balistiques (un intercepté, l'autre tombé en zone inhabitée). Les infrastructures nucléaires sont désormais ciblées : l'Iran a visé Dimona (près du centre de recherche nucléaire israélien) en riposte à une frappe contre son complexe nucléaire de Natanz. L'AIEA a indiqué qu'aucun niveau anormal de radiation n'a été détecté.

Ultimatum de Trump sur le détroit d'Ormuz. Donald Trump a menacé de « frapper et anéantir » les centrales électriques iraniennes si l'Iran ne rouvre pas le détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement 20 % de la production mondiale d'hydrocarbures. L'Iran a répliqué en menaçant de cibler les infrastructures « énergétiques, de technologie de l'information et de dessalement d'eau » dans la région.

Crise énergétique sans précédent. Selon Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le monde a « perdu 11 millions de barils par jour, soit plus que les deux crises pétrolières majeures réunies » des années 1970 (environ 5 millions de barils par jour chacune). Au moins 40 infrastructures énergétiques sont « gravement ou très gravement endommagées » dans neuf pays du Moyen-Orient. L'AIE met en garde contre la pire crise de l'énergie depuis des décennies.

Dégâts massifs en Iran. Le ministre iranien de l'Énergie Abbas Aliabadi a dénoncé de « lourds dommages » sur les infrastructures d'eau et d'électricité, avec des dizaines d'installations de transmission et de traitement visées. Selon le Croissant-Rouge iranien, 81 365 sites civils ont été endommagés. Le ministère de la Santé iranien avait fait état de plus de 1 200 morts au 8 mars.

Conséquences sur le transport aérien. Air France a suspendu quatre lignes (Paris-Dubaï, Paris-Ryad, Paris-Beyrouth, Paris-Tel Aviv). Le centre de contrôle des opérations (CCO) gère en continu les conséquences du conflit. Quelque 15 000 passagers de croisières étaient immobilisés dans le Golfe au début de la guerre, selon l'Organisation maritime internationale.

CERAWeek à Houston. Le plus grand forum mondial de l'énergie s'ouvre dans un contexte bouleversé, avec des sessions spéciales ajoutées sur la guerre. Daniel Yergin (S&P Global) a déclaré : « Nous assistons à la plus grande perturbation de l'histoire du marché mondial du pétrole. »

Enjeux pour le concours

Droit international : le blocage du détroit d'Ormuz soulève la question de la liberté de navigation (Convention des Nations unies sur le droit de la mer, 1982) et du recours à la force dans les relations internationales (Charte de l'ONU, article 2§4). Le ciblage d'installations nucléaires pose la question du droit international humanitaire.

Sécurité et défense : l'escalade illustre les enjeux de la prolifération nucléaire, le rôle de l'AIEA dans la surveillance des sites, et les limites de la dissuasion. La guerre hybride (frappes conventionnelles et cyberattaques) est un sujet d'actualité.

Politique économique : le choc pétrolier en cours (11 millions de barils/jour perdus) constitue un cas d'école comparable aux crises de 1973 et 1979, avec des conséquences sur l'inflation, la politique monétaire et le risque de récession mondiale.

Droit de l'Union européenne : la réaction européenne face à la crise énergétique, la coordination des politiques étrangères et la sécurité d'approvisionnement énergétique de l'UE.

Finances publiques et fiscalité : les limites de la créativité fiscale française

Plusieurs signaux montrent les difficultés structurelles des finances publiques françaises dans un contexte de choc énergétique.

Rendement décevant des nouvelles taxes de 2025. La surtaxe d'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises a rapporté 7,5 milliards d'euros selon la DGFiP, soit 500 millions de moins que les 8 milliards prévus. L'écart s'explique notamment par le fait que les résultats des filiales étrangères ne sont pas pris en compte dans l'assiette. La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) a également déçu.

Incapacité à subventionner les carburants. Avec un déficit prévu de 150 milliards d'euros cette année, le ministre des Comptes publics David Amiel a reconnu que « nous n'avons plus l'argent ». En 2022, lors du précédent choc énergétique, le gouvernement avait mobilisé 20 milliards d'euros (dont 8 milliards pour la remise de 30 centimes par litre). Les taxes représentent une part considérable du prix des carburants, mais l'État n'est plus en mesure d'en compenser les hausses. L'Italie, en comparaison, a décidé de réduire ses taxes sur les carburants de 25 centimes.

Enjeux pour le concours

Finances publiques : la trajectoire du déficit public et la contrainte budgétaire limitent la capacité de l'État à amortir les chocs économiques (bouclier tarifaire, remises à la pompe). Le rendement décevant des nouvelles taxes illustre les limites de l'élargissement de l'assiette fiscale.

Politique économique : la comparaison avec les mesures prises en 2022 (bouclier tarifaire, remise carburant) montre l'évolution de la marge de manœuvre budgétaire. Le dilemme entre protection des ménages et soutenabilité des finances publiques est un sujet classique.

Droit de l'Union européenne : la question de la coordination européenne des politiques fiscales et énergétiques face au choc pétrolier.

Commerce international : vers un accord de libre-échange UE-Australie

Ursula von der Leyen se rend à Canberra du 23 au 25 mars, accompagnée du commissaire au Commerce Maros Sefcovic, avec l'espoir de conclure un accord de libre-échange dont les négociations avaient débuté en 2019 et été suspendues en octobre 2023.

Le contexte géopolitique comme accélérateur. L'agressivité commerciale de Donald Trump (relèvement unilatéral des droits de douane y compris avec les alliés) a rapproché Bruxelles et Canberra. Jason Collins, PDG de l'European Australian Business Council, parle d'un « partenariat stratégique » dépassant le simple libre-échange, invoquant le rapport Draghi sur la compétitivité européenne.

Inquiétudes agricoles françaises. Les éleveurs français se méfient de cet accord, craignant des concessions sur les importations de viande australienne.

Enjeux pour le concours

Droit de l'Union européenne : les accords de libre-échange de l'UE (compétence exclusive de la Commission en matière de politique commerciale commune, article 207 TFUE) et la procédure de négociation et de ratification.

Droit international : le multilatéralisme commercial mis à l'épreuve par l'unilatéralisme américain. La stratégie européenne de diversification des partenaires commerciaux.

Politique économique : les tensions entre ouverture commerciale et protection des filières agricoles, thème récurrent des épreuves (cf. débats sur le Mercosur).

Guerre en Ukraine : frappes sur le territoire russe

Une attaque de drones a provoqué un incendie dans le port russe de Primorsk (mer Baltique, région de Leningrad), endommageant un réservoir de carburant. Plus de 50 drones ont été détruits au-dessus de la région selon le gouverneur Aleksandr Drozdenko. Ce port se situe entre la frontière finlandaise et Saint-Pétersbourg, illustrant l'extension géographique des frappes ukrainiennes loin du front.

Enjeux pour le concours

Sécurité et défense : l'utilisation croissante des drones comme arme de guerre asymétrique et l'extension des frappes à des zones éloignées du front posent la question de l'évolution des conflits modernes.

Droit international : le conflit russo-ukrainien, entamé en février 2022, continue de poser des questions de droit international humanitaire et de souveraineté territoriale.

Cuba : crise énergétique et tensions avec les États-Unis

Cuba a subi sa deuxième panne de courant nationale en moins d'une semaine (la septième en un an et demi), le réseau électrique s'effondrant à 18h45 le 22 mars. Le pays de 9,6 millions d'habitants avait déjà connu une panne de plus de 24 heures les 16 et 17 mars.

Les livraisons de pétrole vénézuélien, principal approvisionnement de Cuba, sont interrompues depuis plus de deux mois. L'administration Trump menace de sanctionner tout pays qui enverrait du pétrole à Cuba, invoquant une « menace exceptionnelle » pour la sécurité des États-Unis. La Havane accuse Washington de vouloir « asphyxier » son économie, sous embargo américain depuis 1962.

Enjeux pour le concours

Droit international : l'embargo américain contre Cuba (depuis 1962) et le renforcement des sanctions unilatérales posent la question de la légalité des mesures coercitives unilatérales au regard du droit international. Les votes récurrents de l'Assemblée générale de l'ONU contre l'embargo sont à connaître.

Politique économique : la dépendance énergétique comme facteur de vulnérabilité pour les petits États insulaires.

Climat : 2015-2025, les onze années les plus chaudes jamais enregistrées

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a publié son rapport sur l'état du climat mondial. La température moyenne mondiale en 2025 était de 1,43°C au-dessus de la période préindustrielle (1850-1900). Les années 2015-2025 sont les onze plus chaudes jamais enregistrées. La France a connu des températures 2,5°C plus chaudes que la moyenne, l'Europe se réchauffant plus vite que le reste du monde.

L'OMM introduit un nouvel indicateur de « déséquilibre énergétique mondial » mesurant l'écart entre énergie reçue du Soleil et énergie renvoyée dans l'espace. Les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint leur niveau le plus élevé « depuis au moins 800 000 ans ».

Parallèlement, une vague de chaleur record frappe les États-Unis : à Chanute (Kansas), les températures sont passées de -10,5°C le 16 mars à 32,8°C quatre jours plus tard. Des records nationaux pour le mois de mars ont été atteints (44,4°C à la frontière Californie-Arizona). Selon le World Weather Attribution, cette vague aurait été « quasi impossible » sans le changement climatique.

Enjeux pour le concours

Environnement et développement durable : l'Accord de Paris (2015) fixe l'objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C. Le chiffre de 1,43°C montre la proximité de ce seuil. Le rôle de l'OMM et du GIEC dans l'alerte scientifique est à maîtriser.

Droit international : le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et les engagements des États (contributions déterminées au niveau national).

Santé publique : les vagues de chaleur extrême posent des enjeux sanitaires majeurs (mortalité, canicules, plan national canicule en France).

Télécoms : le dossier SFR et la consolidation du marché français

Olivier Roussat, directeur général de Bouygues, a confirmé l'intérêt de son groupe pour le rachat de SFR, après une première offre de 17 milliards d'euros refusée par Altice France en octobre. Bouygues est en concurrence avec Orange et Iliad (Free). Le passage de quatre à trois opérateurs nécessiterait l'accord de l'Autorité de la concurrence (12 à 18 mois minimum de procédure). Roussat invoque le rapport Draghi sur la compétitivité et la volonté européenne de renforcer la résilience industrielle pour justifier cette consolidation, tout en reconnaissant la nécessité de prouver l'absence d'inflation pour les clients. Bouygues réaffirme aussi son intérêt pour le rachat de M6, après l'échec du projet TF1-M6 en 2022.

Enjeux pour le concours

Droit de la concurrence : le rôle de l'Autorité de la concurrence dans l'examen des concentrations (contrôle des fusions, analyse des effets sur les prix et l'innovation). Le débat sur la consolidation du marché des télécoms (passage de 4 à 3 opérateurs) est un sujet classique.

Droit de l'Union européenne : le rapport Draghi sur la compétitivité européenne et les enjeux de souveraineté numérique et industrielle.

Institutions administratives : le rôle des autorités administratives indépendantes (Autorité de la concurrence, Arcep) dans la régulation des marchés.

Conseil européen des 18-19 mars 2026 : énergie, compétitivité et Ukraine au cœur des discussions

Le Conseil européen s'est réuni les 18 et 19 mars 2026 à Bruxelles, sous la présidence d'António Costa. Les chefs d'État et de gouvernement ont adopté des conclusions sur six thèmes majeurs : le Moyen-Orient, l'Ukraine, la compétitivité et le marché unique, la défense et la sécurité européennes, les migrations et le multilatéralisme.

Moyen-Orient : appel à la désescalade et plan énergie d'urgence. La guerre au Moyen-Orient a dominé les discussions. Le Conseil européen a appelé à la désescalade, à la retenue maximale et à la protection des civils et des infrastructures civiles, notamment énergétiques. Emmanuel Macron a annoncé avoir proposé un moratoire sur les frappes ciblant les infrastructures civiles, après des échanges avec l'émir du Qatar et le président Trump. Sur le détroit d'Ormuz, la France s'est dite prête, une fois la situation apaisée, à participer à un système d'escorte de navires, mais a exclu toute ouverture de force du détroit dans le cadre des opérations de guerre en cours. La Commission a annoncé 450 millions d'euros d'aide humanitaire pour la région. Macron a également évoqué une démarche exploratoire auprès des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU pour encadrer la réouverture d'Ormuz dans un cadre onusien.

La présidente von der Leyen a présenté un plan d'action en quatre volets sur les prix de l'énergie : assouplissement des aides d'État pour compenser la hausse des coûts énergétiques (56 % du prix de l'électricité en moyenne) ; proposition législative pour réduire les frais de réseau pour les industries énergo-intensives (18 % du prix) ; harmonisation des taxes sur l'électricité pour qu'elle soit moins taxée que les combustibles fossiles (15 % du prix) ; ajustements ciblés du système d'échange de quotas d'émission (SEQE/ETS) avec mise à jour des référentiels pour l'allocation de quotas gratuits, renforcement de la réserve de stabilité du marché, et création d'un fonds de 30 milliards d'euros financé par 400 millions de quotas du SEQE pour soutenir les projets de décarbonation. Le prix du gaz avait bondi de 30 % dans la journée après les attaques contre les infrastructures gazières du Qatar.

Ukraine : prêt de 90 milliards bloqué par la Hongrie. Le Conseil a réaffirmé son soutien à l'Ukraine. Le prêt de 90 milliards d'euros décidé en décembre 2025 pour 2026-2027 a été adopté par les colégislateurs, mais son premier décaissement, prévu début avril, reste bloqué par le veto de Viktor Orbán, qui conditionne la levée de son opposition à la reprise du transit pétrolier par l'oléoduc Droujba traversant l'Ukraine. Emmanuel Macron a déclaré qu'il n'existait « pas de plan B » car « le plan A doit être honoré », ajoutant qu'il en allait de « la crédibilité du Conseil ». Le président Zelensky a accepté d'accueillir une mission européenne d'assistance technique pour la réparation de l'oléoduc Droujba, visé par des frappes russes. Le Conseil a appelé à l'adoption rapide du 20e paquet de sanctions contre la Russie et au renforcement de la lutte contre la « flotte fantôme » russe selon une approche couvrant l'ensemble des itinéraires empruntés.

Compétitivité : lancement de l'agenda « Une Europe, un marché ». Les dirigeants ont approuvé un plan d'action visant à compléter le marché unique d'ici fin 2027, avec la plupart des mesures attendues dès 2026. Quatre axes ont été définis : simplification réglementaire et approfondissement du marché intérieur, avec l'objectif de lever les « dix principales barrières » d'ici mars 2027 et l'adoption d'un régime juridique unique volontaire pour les sociétés (« EU Inc. ») ; diversification des partenariats commerciaux pour réduire les dépendances stratégiques ; préférence européenne dans les secteurs stratégiques (acier, aluminium, automobile, ciment, technologies vertes, spatial, cloud, IA, quantique) avec un acte d'accélération industrielle imposant pour la première fois des obligations de contenu européen ; investissement par la mobilisation de l'union de l'épargne et de l'investissement et la finalisation des propositions sur la titrisation, les pensions complémentaires et l'intégration des marchés financiers. La feuille de route devrait être signée lors du sommet informel de Chypre en avril.

Défense européenne. Les dirigeants ont fait le point sur les avancées capacitaires dans les neuf domaines prioritaires identifiés en 2025. Ils ont appelé l'industrie de défense européenne à accélérer la production d'équipements prioritaires et invité le Conseil à mettre à jour l'évaluation commune des menaces (Boussole stratégique de 2022). Macron a annoncé le lancement d'une mission de rapprochement entre Airbus et Dassault sur le programme SCAF (système de combat aérien du futur) dans les semaines à venir.

Numérique et protection des mineurs. La France a porté deux initiatives : la protection des mineurs en ligne, avec la fixation de la majorité numérique à 15 ans et une demande à la Commission de mettre en œuvre les procédures de vérification d'âge avant le 1er septembre 2026, en coordination avec une dizaine d'États membres ; la lutte contre les ingérences étrangères dans les processus électoraux, avec une demande de lignes directrices de la Commission pour encadrer les systèmes algorithmiques, supprimer les faux comptes et imposer le marquage des contenus générés par intelligence artificielle. Les conclusions ont dénoncé les ingérences subies par la Slovénie lors de la campagne du Premier ministre Golob.

Sommet zone euro. Un sommet en format inclusif s'est tenu en présence de la présidente de la BCE et du président de l'Eurogroupe, consacré au renforcement du rôle international de l'euro, à la souveraineté des paiements et au contexte macroéconomique. Les colégislateurs ont été invités à finaliser les propositions sur la titrisation, les pensions complémentaires et l'intégration des marchés financiers d'ici fin 2026. Le Conseil a également validé le lancement de l'euro numérique.

Enjeux pour le concours

Droit de l'Union européenne : le Conseil européen (article 15 TUE) donne les impulsions nécessaires au développement de l'Union et en définit les orientations politiques générales. L'agenda « Une Europe, un marché » illustre la relance de l'intégration par l'approfondissement du marché intérieur (articles 26 à 66 TFUE). Le blocage hongrois du prêt à l'Ukraine pose la question de la règle de l'unanimité au Conseil européen et de la coopération loyale (article 4§3 TUE). La procédure de l'article 7 TUE contre la Hongrie, initiée en 2018, est un classique des épreuves.

Politique économique : le plan énergie de la Commission constitue un cas d'école de réponse européenne coordonnée face à un choc exogène. Le parallèle avec les mesures prises lors de la crise énergétique de 2022 (bouclier tarifaire, plafonnement des prix du gaz) est éclairant. Les ajustements du SEQE illustrent la tension entre objectifs climatiques et compétitivité industrielle, sujet récurrent des épreuves. La libération coordonnée de 400 millions de barils par le G7 constitue un exemple de coordination multilatérale en matière de sécurité d'approvisionnement.

Droit international : la proposition française d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur le détroit d'Ormuz soulève la question de la liberté de navigation (Convention de Montego Bay, 1982, partie III sur les détroits servant à la navigation internationale). L'initiative d'escorte navale française se distingue de l'approche américaine d'ouverture par la force, illustrant les différentes conceptions du recours à la force dans les relations internationales (article 2§4 de la Charte des Nations unies).

Sécurité et défense : le programme SCAF et la mission de rapprochement Airbus-Dassault illustrent les enjeux de la coopération industrielle de défense européenne et les difficultés de la consolidation du secteur. Le renforcement des capacités de production de défense s'inscrit dans le prolongement de la Boussole stratégique de 2022.

Numérique et libertés fondamentales : les initiatives françaises sur la protection des mineurs et la lutte contre les ingérences électorales s'inscrivent dans le cadre du DSA (Digital Services Act) et du DMA (Digital Markets Act). La question de la majorité numérique et de la vérification d'âge sur les plateformes articule compétences nationales et européennes. La dénonciation des ingérences dans la campagne slovène illustre les enjeux de la « guerre hybride » et de la manipulation de l'information comme menace pour les démocraties européennes.

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